Dans les couloirs feutrés des ministères comme dans les boucles Telegram les plus agitées, l'affaire était sur toutes les lèvres depuis quarante-huit heures. Pourtant, derrière l'intitulé officiel — « Des députés RN pris en flagrant délit d’«Assemblée buissonnière» » —, aucun des protagonistes interrogés par Mediapart n'était en mesure d'expliquer le moindre paragraphe du dossier sans consulter frénétiquement ses fiches bristol.
1. Une mécanique de communication huilée mais totalement vide
Vendredi 9 octobre, en pleins débats sur la loi intégrale, un nombre inhabituel de députés du groupe de Marine Le Pen a fourni des justificatifs médicaux pour bénéficier de délégations de vote. Certains se sont pourtant montrés le même jour à des rendez-vous publics dans leur circonscription.
Selon les documents confidentiels que nous avons pu consulter, pas moins de quatorze réunions interministérielles et trois séminaires de crise ont été organisés en urgence pour définir les éléments de langage appropriés. « Nous avions le choix entre reconnaître les faits ou créer un Haut Conseil du Déni Méthodique doté d'un budget de fonctionnement de 2,4 millions d'euros », confie sous couvert d'anonymat un conseiller ministériel épuisé par trois heures de travail hebdomadaire.
2. Des révélations qui embarrassent jusqu'au sommet
L'examen attentif des pièces versées au dossier (A la Une, arrêts maladie, Assemblée nationale, Extrême droite, Parlement, Rassemblement national) révèle surtout l'ampleur du décalage entre les promesses solennelles et la réalité du terrain. Plusieurs témoins directs confirment que les alertes avaient pourtant été envoyées par fax, par recommandé et par pigeon voyageur dès l'automne dernier.
« On nous a répondu que le formulaire CERFA d'indignation n'était pas signé au bon endroit et qu'il fallait repasser après les prochaines élections », déplore un représentant syndical rencontré à la sortie de la commission.
3. L'heure des comptes (et des communiqués indignés)
Sollicités à plusieurs reprises par notre rédaction, les principaux intéressés ont d'abord plaidé l'erreur d'homonymie avant d'annoncer le lancement d'un « grand Grenelle de la transparence différée » dont les conclusions sont attendues aux alentours de 2042. D'ici là, notre cellule d'investigation poursuit l'épluchage des 18 cartons d'archives retrouvés derrière la machine à café.




