Une gratitude institutionnalisée en enveloppe kraft

Mercredi 14 octobre à Wavre et Rixensart (Brabant wallon) ainsi qu'à Gembloux (province de Namur), des ouvriers qualifiés, techniciens labo et ingénieurs biopharma ont vu sonner leur interphone pour recevoir un courrier recommandé avec accusé de réception. À l'intérieur : une lettre manuscrite signée du directeur général adjoint remerciant chaleureusement le salarié d'avoir contribué à la rentabilité des laboratoires GSK pendant vingt-deux ans, avant de lui notifier qu'il ne contribuera plus à rien dès 2027.

« C'est vrai que c'était inattendu de trouver l'enveloppe dans ma boîte aux lettres un mardi matin », confie Nadia Belhadj, technicienne en contrôle qualité depuis seize ans à Gembloux. « Ils avaient même glissé un bon de réduction de 15 % sur le paracétamol effervescent et un autocollant "Fier d'avoir optimisé l'EBITDA 2026". On sent que les 840 millions d'euros d'aides publiques régionales ont été investis dans une papeterie de très grande qualité, en grammage 120 grammes vélin. »

Un « plan de départ éco-responsable » financé par le contribuable wallon

Interrogée par Mediapart, la direction de la multinationale pharmaceutique insiste sur la dimension « profondément humaine et locale » de l'opération : chaque pli de licenciement a été acheminé par des coursiers locaux afin de stimuler l'économie du Brabant wallon pendant au moins quarante-cinq minutes. Quant au gouvernement régional, qui avait conditionné ses subventions publiques à une clause de maintien de l'emploi « moralement souhaitable mais juridiquement facultative en cas de hausse du dividende trimestriel », il a annoncé la création immédiate d'une cellule psychologique dotée d'un répondeur automatique ouvert le jeudi entre 14 h 00 et 14 h 15.